lundi 11 mai 2026
Société

Une lumière s’éteint : l’université haïtienne orpheline du Dr Fénol Métellus

LR
La Rédaction
Équipe éditoriale · 7 avril 2026
Pierre Josué Agénor Cadet En un moment où l’université haïtienne traverse l’une des crises les plus profondes de son histoire et requiert plus que jamais l’engagement de ses esprits les plus éclairés, une perte brutale vient l’endeuiller davantage. Le professeur Fénol Métellus n’est plus. Détenteur d’un doctorat en économie de l’Université Complutense de Madrid (2005), enseignant-chercheur chevronné avec plus de vingt années d’expérience, ancien candidat à la Primature en 2024 sous l’égide de la CORPUHA, et récemment nommé numéro deux de l’Agence nationale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (ANESRS), il s’est éteint ce dimanche 5 avril 2026, aux environs de 5 heures du matin, à l’hôpital de la Fondation Aristide, où il avait été admis à la suite d’un malaise. La disparition soudaine de cet éminent fils du Nord-Ouest, originaire de Jean-Rabel, plonge dans une profonde affliction non seulement sa famille (sa femme et ses deux enfants) et ses proches, mais aussi l’ensemble de la communauté universitaire et la nation haïtienne tout entière. Avec lui disparaît une intelligence rare, un homme de savoir et de rigueur, mais aussi une conscience morale : sage, compétent, altruiste, humaniste, honnête et profondément attaché aux valeurs du service public. Durant plus de deux décennies, le Dr Métellus a consacré sa vie à l’enseignement supérieur, à la gestion universitaire et à l’administration publique en Haïti. Il a été notamment Coordonnateur des Écoles de Droit et d’Économie de province à l’Université d’État d’Haïti de 2005 à 2007, avant de devenir, à partir de 2020, Consultant à la Coordination générale des Universités publiques en Région (UPR). Son expertise a également été mise au service de la Primature et de plusieurs ministères, dont ceux de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Éducation nationale. Il a collaboré avec des institutions internationales telles que la Banque mondiale, la BID et le PNUD, intervenant comme consultant et gestionnaire de projets et de fonds. Partout où il est passé, il a laissé l’empreinte d’un professionnel rigoureux et d’un patriote engagé. Et c’est cette grande figure, ce bâtisseur discret mais essentiel, qui nous quitte en ce jour symbolique de Pâques, jour de résurrection et d’espérance. Ironie tragique du destin : alors que le monde chrétien célèbre la vie triomphant de la mort, Haïti perd l’un de ses serviteurs les plus dévoués. Va en paix, Fénol. Ton œuvre, ton engagement et ta mémoire survivront dans les consciences que tu as éclairées et dans les institutions que tu as contribué à renforcer. Hodie tibi, cras mihi.

Partager cet article