lundi 11 mai 2026
Société

Haïti: drame de la Citadelle : entre deuil national et faillite sécuritaire, l’État sommé de rendre des comptes

JVC
Jean Valdonel Constant
Journaliste · 24 avril 2026
La tragédie survenue à la Citadelle Laferrière, ayant coûté la vie à plus d’une trentaine de personnes lors d’une bousculade, dépasse le cadre d’un simple accident. Elle révèle de profondes failles dans l’organisation et la gestion des grands rassemblements sur des sites historiques d’importance majeure. Ce lieu emblématique, héritage de Henri Christophe, symbolise l’histoire et la fierté nationale, ce qui rend cette perte humaine encore plus bouleversante. L’ouverture d’une enquête et l’arrestation de plusieurs responsables, dont des agents publics et des autorités locales, traduisent une volonté de situer les responsabilités. Toutefois, au-delà de ces mesures, c’est toute la chaîne de gestion qui semble aujourd’hui fragilisée. L’implication d’acteurs liés à l’Institut de sauvegarde du patrimoine national met en évidence des lacunes importantes dans la coordination et la supervision de ce type d’événements. Ce drame pose avec acuité la question de la prévention. L’absence de dispositifs efficaces de contrôle des foules et de sécurité démontre les limites d’un système encore trop réactif. Dans un contexte où les activités populaires attirent des foules considérables, l’anticipation des risques devrait être une priorité absolue pour éviter de telles catastrophes. Ainsi, cette tragédie doit marquer un tournant. Au-delà du deuil et de l’émotion, elle impose une réflexion sérieuse sur la responsabilité de l’État et la nécessité de réformes structurelles. Il ne s’agit pas seulement de sanctionner, mais de reconstruire un cadre capable de garantir la sécurité des citoyens, afin que de tels drames ne se reproduisent plus. Dès lors, une question demeure centrale : quels progrès concrets ont été réalisés dans le cadre de l’enquête ouverte sur le drame de la Citadelle ?

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