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Haiti-inondation: paradoxe haïtien, quand la prévention arrive, en pleine intempéries, après les dégâts
Ce dimanche 25 octobre 2026, l’État haïtien a tenté de reprendre la main face aux fortes pluies qui frappent le pays depuis plusieurs jours. Au Centre d’opération d’urgence nationale, le ministre des Travaux publics, Joseph Almathe Pierre Louis, le responsable de l’Unité hydrométéorologique, Esterlin Marcelin, le ministre de la Santé, le docteur Bertrand Sinal, la directrice générale du ministère à la Condition féminine et le directeur de la Protection civile, Emmanuel Pierre, ont présenté un dispositif d’alerte et des consignes de sécurité. Le message est clair, il ne s’agit pas d’un cyclone, mais d’un épisode pluvieux intense, déjà responsable d’inondations et de glissements de terrain dans plusieurs régions.
La Protection civile a placé cinq départements en alerte orange — l’Ouest, la Grand’Anse, les Nippes, le Sud et le Sud-Est — tandis que le Nord-Ouest et l’Artibonite restent en jaune. Les prévisions annoncent une persistance des averses jusqu’au mardi 27 octobre, avec des cumuls importants dans le Grand Sud. Les bilans, encore partiels, sont éloquents : au moins 749 maisons inondées et 49 détruites dans le Sud, les Nippes et la Grand’Anse. Aux Cayes, l’hôpital général a été envahi par les eaux ; à Baradères, le centre-ville est sous l’eau ; dans la Grand’Anse, quatre maisons ont été emportées. Sur le réseau routier, la route nationale numéro 7 est coupée à Katisch et la numéro 5 a cédé aux Trois Rivières.
Les consignes officielles se veulent pédagogiques : ne pas traverser les rivières ou routes inondées, éviter les zones exposées, suivre les bulletins et protéger les personnes vulnérables. Le ministre Pierre Louis a aussi appelé à des travaux de recalibrage du lit des rivières, notamment à Basen Kayiman.
Mais derrière cette mobilisation se dessine une réalité plus critique. Les crues de la ravine du Sud, de Torbeck, de Tiburon ou de l’Islet ne sont pas nouvelles. Elles traduisent une vulnérabilité structurelle que les gouvernements successifs n’ont jamais durablement corrigée. L’appel au recalibrage intervient après les dégâts, alors qu’il aurait dû précéder la saison des pluies. La coordination interministérielle affichée est un signal positif, mais elle reste réactive. Dans un pays où les hôpitaux eux-mêmes se retrouvent sous les eaux, la question n’est plus seulement de savoir comment répondre à l’urgence, mais comment anticiper l’inévitable. Pour l’heure, la prudence reste vitale. Mais sans politique préventive, chaque alerte orange annonce les mêmes bilans.
Jean Wesley Pierre
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