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Haïti: Alix Didier Fils-Aimé sous le feux des critiques; une coalition de l’opposition l’accuse de faire dérailler la transition
PORT-AU-PRINCE.— Une coalition regroupant plusieurs organisations politiques et sociopolitiques de l'opposition a vivement dénoncé, jeudi 25 juin 2026, la gouvernance du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu'elle accuse d'entraver le processus de transition et de compromettre le retour à l'ordre démocratique en Haïti. Dans un manifeste au ton particulièrement ferme, les signataires dénoncent ce qu'ils qualifient de dérive autoritaire du pouvoir et réclament l'ouverture urgente d'un dialogue politique inclusif.
Parmi les organisations ayant signé le document figurent Les Engagés pour le Développement (EDE), dirigé par Claude Joseph, le Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP), la Konvqnsyon Inite Demokratik (KID) ainsi que le Secteur Démocratique et Populaire (SDP). Selon ces formations, plusieurs décisions prises par les autorités de transition suscitent de vives inquiétudes quant au respect des principes démocratiques.
La coalition critique notamment le décret électoral publié le 2 juin 2026 ainsi que la nomination d'un directeur général au sein du Conseil Électoral Provisoire (CEP), estimant que cette désignation, réalisée sans consultation préalable, confère à ce responsable des pouvoirs jugés excessifs au détriment de l'indépendance de l'institution électorale.
Dans leur manifeste, les organisations dressent également un bilan sévère de l'action gouvernementale en matière de sécurité. Elles soutiennent qu'après dix-neuf mois à la tête de la Primature, depuis le 11 novembre 2024, le chef du gouvernement n'a enregistré aucun progrès significatif dans la lutte contre les groupes armés, alors que l'insécurité continue de s'étendre dans plusieurs régions du pays.
Les signataires mettent aussi en avant la dégradation persistante de la situation économique. Ils rappellent qu'Haïti est entrée dans sa septième année consécutive de récession et soulignent que près de deux millions de personnes vivent actuellement en situation de déplacement interne à cause des violences des gangs. À leurs yeux, ces indicateurs illustrent l'échec de la gouvernance actuelle.
La coalition reproche en outre à la communauté internationale de soutenir, selon elle, de manière inconditionnelle les autorités de transition, malgré l'absence de résultats concrets sur les principaux défis auxquels le pays est confronté.
Ces organisations appellent, enfin, l'ensemble des forces vives de la nation à engager sans délai un dialogue politique inclusif afin de parvenir à un consensus sur la conduite de la transition. Elles estiment qu'une telle démarche est indispensable pour éviter une aggravation de la crise politique, institutionnelle et sécuritaire et permettre au pays de retrouver la voie de la stabilité démocratique.
Jean Mapou
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