lundi 29 juin 2026
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"Chaque enfant retiré d'un gang est une victoire pour la paix" le plaidoyer de la Dre Sandra Paulemon à l'ONU

LR
La Rédaction
Équipe éditoriale · 26 juin 2026
La ministre de la Planification et de la Coopération externe, Dre Sandra Paulemon, a porté la voix du gouvernement haïtien, jeudi 25 juin, devant la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies. Lors de cette session annuelle organisée au siège de l'ONU à New York, elle a défendu une vision de la paix qui dépasse le seul rétablissement de la sécurité, appelant la communauté internationale à soutenir une approche fondée sur la justice sociale, le développement économique et la dignité humaine. S'exprimant au nom du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, la ministre a dressé le portrait d'un pays confronté à une crise multidimensionnelle, tout en affirmant que « la paix ne se décrète pas, mais se construit ». Elle a également salué la récente visite en Haïti du Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, estimant qu'elle a permis de rappeler au monde que « Haïti ne doit pas être oubliée ». Pour illustrer les conséquences humaines de la crise, Dre Paulemon a raconté les parcours de deux jeunes Haïtiens. Elle a évoqué le cas d'une jeune fille dont le rêve de devenir infirmière a été brisé par la fermeture de son école à cause de la violence, avant de souligner qu'elle accompagne aujourd'hui d'autres survivantes après avoir repris sa vie en main. Elle a également cité l'exemple d'un adolescent de treize ans recruté par un gang, mais qui a pu quitter la violence grâce à un programme de réinsertion et se forme désormais à un métier. « Les femmes ne doivent pas être condamnées à rester des victimes. Les enfants ne sont pas nés pour devenir des criminels. Avec des opportunités, ils peuvent redevenir des bâtisseurs de paix », a déclaré la ministre, plaidant pour une réponse globale à la crise haïtienne. Selon la titulaire du MPCE, la sécurité demeure indispensable, mais elle ne peut, à elle seule, garantir une paix durable. Elle a insisté sur la nécessité d'accompagner les opérations sécuritaires par le renforcement de la justice, la création d'emplois pour les jeunes, la protection des femmes, le retour progressif des services de l'État dans les zones affectées et la restauration de la confiance entre les citoyens et les institutions. « La sécurité peut faire taire les armes. Mais seule la paix peut faire renaître l'espérance », a-t-elle affirmé, décrivant la paix comme la possibilité, pour chaque famille, de vivre dignement, d'élever ses enfants en sécurité et de croire en un avenir meilleur. La ministre a également plaidé en faveur d'une meilleure articulation entre l'action humanitaire, les efforts de consolidation de la paix et les politiques de développement. À ses yeux, cette approche intégrée constitue la seule stratégie capable de créer une stabilité durable en Haïti. Au cours de son intervention, Dre Sandra Paulemon a renouvelé la reconnaissance du gouvernement haïtien envers la Commission de consolidation de la paix et le Fonds pour la consolidation de la paix (PBF). Elle a rappelé que plus de 50 millions de dollars américains ont déjà été investis en Haïti à travers ce mécanisme, notamment pour renforcer les capacités de l'État, soutenir les programmes de désarmement, démobilisation, réintégration et réduction de la violence communautaire (DDR-RVC), promouvoir l'agenda « Femmes, Paix et Sécurité » ainsi que financer plusieurs infrastructures communautaires. Elle a indiqué que le gouvernement souhaite poursuivre cette coopération autour de trois priorités majeures : la protection des femmes et des filles, l'offre d'alternatives économiques aux jeunes et l'accélération de la stabilisation des communautés les plus touchées par l'insécurité. En lançant un appel à la solidarité internationale, la ministre a insisté sur le fait qu'Haïti ne sollicite ni charité ni compassion. « Haïti ne demande pas la charité. Haïti ne demande pas la compassion. Haïti ne demande pas la pitié. Haïti demande la paix », a-t-elle martelé, estimant que la paix constitue un bien public mondial et que l'insécurité, tout comme l'espoir, ne connaît pas de frontières. Concluant son allocution sur une note d'espérance, Dre Sandra Paulemon a affirmé que chaque femme protégée, chaque jeune retiré d'un gang, chaque enfant maintenu à l'école et chaque communauté réconciliée représentent une victoire pour la paix. Elle a réitéré l'engagement du gouvernement haïtien à poursuivre ses efforts pour bâtir une paix durable, en partenariat avec les Nations Unies et les autres partenaires internationaux. Équilibre Presse

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