vendredi 2 octobre 2026
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Thélyson Orélien: quand les académies littéraires condamnent sans établissement d’indices de culpabilité solides

LR
La Rédaction
Équipe éditoriale · il y a 1 jour
Par Eddy-Jackson Alexis Dans les milieux littéraires, bien avant la décision de l’Académie Goncourt de retirer le roman « C’était ça ou mourir » de sa sélection, les médias francophones ne parlaient que de l’écrivain canado-haïtien, Thélyson Orélien. À l’origine de l’affaire, des accusations publiées sur le réseau social X par le compte « Balance ton Claude », qui affirme que le roman aurait été largement produit avec l’aide de l’intelligence artificielle. L’auteur a fermement démenti ces accusations. Des analyses réalisées à l’aide de détecteurs d’IA ont également alimenté le débat, alors que ces outils comportent eux-mêmes des limites et ne permettent pas d’établir, à eux seuls, une certitude absolue sur l’origine d’un texte. Quitte à utiliser l’herméneutique comme méthode de recherche. Coup de théâtre, le 25 septembre 2026, l’Académie Goncourt a retiré « C’était ça ou mourir » de sa première sélection. L’éditeur québécois Boréal a suspendu la tournée promotionnelle de l’auteur, tandis que le Salon du livre de l’Estrie l’a exclu de sa programmation. Et pourtant d’un acte d’accusation aussi grave, sans la moindre preuve avancée et sans une possibilité de défense à la proportionnelle dans le cadre d’un débat contradictoire, les Académies ont tranché en dépit d’une décision, si contestable fusse-t-elle ! En dépit de la légèreté et de la faiblesse des fondements des accusations, l’auteur est condamné, sans jugement avec un réquisitoire peu solide. Son roman est renvoyé au bûcher comme Jeanne d’Arc. C’est une chute aussi brutale que spectaculaire. En quelques jours, il est passé du statut de révélation littéraire de la rentrée à celui d’accusé d’avoir écrit son roman avec une intelligence artificielle et d’avoir plagié de certains de ses textes plus anciens. À la recherche du plaignant, le jury n’a pu démontrer qu’une incapacité d’établir des pièces à conviction disparates. Entre un détecteur d’IA dont la fiabilité sur les textes littéraires n’est pas établie, des accusations vagues sur les réseaux sociaux et une présomption d’innocence, le dossier de Thélyson Orélien devient l’affaire littéraire du siècle. Jusqu’où peuvent aller les institutions culturelles lorsqu’un doute pèse sur l’origine d’une œuvre ? À quelle instance suprême se recourir ? Et si Pangram avait commis une erreur comme dans l'affaire Dreyfus … ? Qui viendra, alors, déclarer l’innocence du condamné, après plusieurs années d’emprisonnement moral ? Le réhabiliter, laver de son affront et enfin, rétablir son honneur ? Peut-être, le jugement de l’histoire. L’agence Equilibre Presse s’y mêle, donc, de la partie. Elle ne prétend pas dédouaner les éditeurs avec leurs décisions sans appel ni recours, ni absoudre l’auteur, cloué au pilori subissant, depuis, un lynchage par l’emballement médiatique, engendré par cette affaire; encore moins rendre un verdict dans ce procès où les réseaux sociaux dictent la loi. Nous n’avons pas la capacité ni la prétention d’établir la vérité judiciaire dans un espace numérique à sens unique, avec très peu de contradiction. Notre rôle est de documenter une affaire en pleine évolution, de distinguer les faits des accusations et de donner au public les éléments nécessaires pour comprendre les différentes dimensions du dossier. C’est dans cet esprit que nous proposons une série de textes, consacrés à Thélyson Orélien, en mettant le débat en continuation. Une dizaine de regards pour revenir sur les faits, le soupçon, les controverses et les questions soulevées par cette affaire qui, en quelques jours, a profondément bouleversé la rentrée littéraire. Loin d’être exhaustive, elle permettra, non pas de jaillir la lumière, mais de toute évidence, d’ouvrir des pistes pour une réflexion certaine du cas Orélien qui, certes, restera dans les annales. Quoiqu’on puisse se dire. Bonne lecture ! Eddy-Jackson Alexis

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