Sport
Sport et paix en Haïti : Célébration de la Journée internationale du sport au service de la paix et du développement
À l’hôtel Montana, l’Observatoire National du Sport Haïtien (ONASH), en partenariat avec le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC) et avec l’appui de l’UNESCO, du PNUD et du BINUH, a célébré ce lundi 6 avril 2026 la Journée internationale du sport au service de la paix et du développement. Le thème choisi : « Le sport crée des ponts pour le désarmement, la paix et l’unité. Ensemble, nous pouvons ! », un thème qui résonne comme un manifeste dans un pays où les armes dictent trop souvent le quotidien.
« Faisons du sport un levier de changement durable », a martelé Me Edwing Charles, président de l’ONASH.
Derrière la formule, une conviction portée par plusieurs organisations internationales : le sport, par sa capacité à rassembler au-delà des clivages, peut offrir une alternative aux jeunes tentés par la violence ou enrôlés dans les gangs. Le représentant de l’UNESCO a renchéri sur le « rôle primordial » de la pratique sportive dans la consolidation de la paix, promettant l’engagement de son institution.
L’originalité de cette célébration réside dans l’articulation explicite entre sport et désarmement. Mme Nicole Flora Boni Kouassi, représentante du BINUH, a opportunément rappelé l’existence de la Commission Nationale de Désarmement, de Démantèlement et de Réinsertion (CNDDR). Selon elle, le sport peut devenir un pilier essentiel pour la paix en Haïti.
*La Coupe du monde 2026 : une fenêtre d’espoir*
La représentante du BINUH a salué un événement rare : la qualification de l’équipe nationale senior de football pour la Coupe du monde 2026 après 52 ans. Ce succès, dans un contexte sécuritaire désastreux, prouve que la résilience haïtienne n’est pas un vain mot. Il offre une plateforme de visibilité mondiale pour promouvoir un message de paix. Cependant, elle a aussitôt tempéré l’enthousiasme : « La paix est indéniable », a-t-elle dit, appelant à joindre les efforts à ceux de la CNDDR. Autrement dit, sans désarmement effectif, le sport restera un mirage.
*Le fossé entre l’idéal et le réel*
L’analyse impose une question : le sport peut-il vraiment créer des ponts là où les balles de kalachnikov brûlent les trottoirs de Delmas ? Rien n’est moins sûr. Les infrastructures sportives sont vétustes ou accaparées par des groupes armés. Les entraîneurs manquent. Les compétitions locales sont souvent annulées pour cause d’insécurité d'où l'exemple du championnat national qui propose une formule inédite et critiquer par beaucoup de journaliste sportif. Or, un levier ne fonctionne que s’il repose sur un socle minimal de sécurité et d’accès. Les partenaires internationaux (UNESCO, PNUD, BINUH) apportent un financement et une expertise, mais sans volonté politique locale de désarmer et de réhabiliter les espaces publics, le discours risque de rester en l’air.
*Pour une approche intégrée*
L’argument en faveur du sport comme vecteur de paix tient à sa capacité à toucher les jeunes là où les discours moralisateurs échouent. Un terrain de football ou de basketball peut devenir un sanctuaire de règles, de respect mutuel et de dépassement de soi comme l'a si bien dit la maîtresse de cité soleil. Mais pour cela, il faut des terrains accessibles, des éducateurs formés, et une sécurité minimale. La CNDDR, souvent critiquée pour son inaction, pourrait trouver dans le sport un outil opérationnel de réinsertion – à condition d’y consacrer des moyens et de coordonner avec les fédérations sportives.
La célébration du 6 avril 2026 à l’hôtel Montana a au moins le mérite de poser sur la table une équation trop souvent ignorée : désarmement et sport sont indissociables dans la quête de paix durable. Les déclarations de l’ONASH, de l’UNESCO et du BINUH dessinent une feuille de route ambitieuse. Reste à savoir si Haïti, empêtrée dans ses violences endémiques, parviendra à transformer ces « ponts » de papier en véritables infrastructures de cohésion. La qualification pour la Coupe du monde 2026 offre un sursis de fierté nationale. Mais c’est dans les quartiers les plus chauds de Port-au-Prince que le sport devra prouver qu’il est plus fort que les armes.
Par JP
Articles similaires
Sport
Bayern Munich 4-3 Real Madrid : une remontée historique envoie les Bavarois en demi-finale
Dans une Allianz Arena en fusion, le Bayern Munich a écrit l’une des pages les plus mémorables de son histoire européenne en éliminant le Real Madrid ...
LR
La RédactionSport
La communauté haïtienne de North Miami Beach rend hommage à Dukens Nazon
FLORIDA, États-Unis.— La ville de North Miami Beach s’apprête à célébrer l’attaquant haïtien Dukens Nazon, meilleur buteur de l’histoire de la sélecti...
JM
Jean MapouSport
Participation d'Haïti au Mondial 2026 : stimulus pour les Grenadiers, le gouvernement les remet deux chèques
Le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a remis ce mardi 8 avril 2026 deux chèques d’un montant de 264 millions de gourdes chacun au Comit...
LR
La Rédaction